7/ Donc je fus hétéro
Donc, moi c’est Julia. Je fus hétéro. Je rencontra Irina, belle donzelle de son statut. Je vira goudou. Je kiffa. Suite à une présentation officielle en soirée, je connu Victoire, bombasse, meilleure potesse d’Irina, ignarde.
Enfin ignarde, connasse oui ! Point le genre, je suis un être de lumière qui ne mérite pas le regard du peuple, plutôt j’ai trop regardé le Bigdil jadis et les conséquences cérébrales en sont irréversibles.
Suite à un plan probablement concocté par les Forces du Mal, Victoire gagna un séjour Relais Château pour trois. Soit. Victoire me convia. Et c’est là que tout un chacun se demandera la cosa suivante : la forêt Suisse est-elle assez vaste pour zigouiller quelqu’un sans qu’un quidam me trahisse ?
Nous partîmes 500. Enfin avec 500 fringues à nous trois car qui dit Relais Château, dit gros lâchage sur le look de Relais Châtelaine. Limite je fais suivre l’arbalète pour chasser quelques faucons avec ma cour et mes bassets mais Léo, meilleur ami de son actif, préfère que je lui ramène une marmotte. Allez savoir pourquoi, il éprouve une haine féroce envers la bête. Il me file des Bison 500, pour terrasser l’animal à même le terrier.
Je me gausse d’avance.
J’ai passé le trajet à me planquer derrière les valises pour ne pas qu’on m’associe à Victoire qui s’amusait à montrer sa culotte à tous les prépubères du train. L’immaturité de la dinde est unlimited.
Toute de jupe crayon vêtue, je me tenais telle la Reine Mère mais Victoire me souleva les guêtres d’une telle force que la jupe céda et les adolescents eurent tout le loisir de mater ma culotte fendue. N’est pas châtelaine cochonne qui veut.
Je n’eus pas la main légère sur le mini bar à notre arrivée. Dumb & Dumber étant parti en goguette, je me suis posté à la fenêtre pour contempler la forêt, son calme, sa volupté… MES JUMELLES !!! Ma parole mais ça baise dans ces bois ! Huhuuu, j’ai en ligne de mire un couple de bears dont le passif ressemble étrangement à un jouli papillon. Ni uno ni dos, j’enfile la robe du hippie, deux tonnes de bracelets et le headband de rigueur. Je vais en forêt so je me fringue telle la nymphe sixties. Let’s The Sun Shine version Julien Clerc dans l’iPod et c’est parti pour une rando nocturne parmi les joies insoupçonnées du monde du sapin.
Quand on ferme les yeux, on dirait que c’est les sapins qui s’en donnent à cul joie. Je me marre. En marchant un peu plus, je croise des couples qui me saluent tel un dimanche matin au marché. Sont d’un détendu ces helvétiques. Et propre avec ça ! Tu crois que y’aurait des montagnes de capotes gluantes en lumignons à tous les buissons ? Point du tout ! C’est un peuple qui gagne à être connu. J’en profite pour prendre quelques photos de gens en plein ébat pour ma p’tite collection. Quand ça va pas, je regarde ces photos et je me dis que la vie c’est cool quand même. Et que je ne suis pas entrain de contracter un herpès. Good point.
Un homme tout en feuille me salue. Je ne sais que dégoiser, je ne voudrais pas qu’il se méprenne sur les raisons de ma présence ici. D’ailleurs, pourquoi je suis venue ? Because t’es bourrée ma caille, un point that’s all.
Après quelques échanges tout à fait communs pour une backroom livrée aux quatre vents, Luc m’invite à filer à travers arbres pour rejoindre une soirée organisée non loin. J’avise mon portable, au cas où Irina se serait manifestée mais non, so j’abdiqua. Deux champis plus tard, on débouchait sur une vaste prairie garnie d’une petite rivière avec campement, feu de joie, beaux garçons, très belles filles, guitare et des voitures pleines d’alcool. C’eût été ballot de gâcher. De acuerdo ?
Je me présente, et au bout de cinq minutes de « Nooooo woman no cryyyy », je sens mon cerveau descendre et mes muscles se détendre. Pas désagréable la sensation. Je commence à buguer sévère sur un type aux dents hollywoodiennes, jusqu’à ce que je commencer à rigoler. J’ai totalement conscience que la soirée est sympa mais pas hilarante. Et moi je me marre, parce que, non parce qu’il faut trop que je vous dise, hahaha, en fait, ses dents, avec, hahaha, vous voyez ?! HAHAHAHA ! ON DIRAIT UN HÉRISSON MOUHAHAHAHAHAHAHAHAH, que j’hurle telle la dernière des abruties.
Rassurez-vous, je m’entends dire ça, je sais que c’est moi, que ce n’est pas drôle en soi, mais siiiiiiii ça l’est !
Me vient l’idée de couper l’herbe du pré en forme de phallus. Style Signes version hot. Je dégote un ciseau et me met au travail, tout en continuant de m’esclaffer que c’est la blague la plus drôle du monde.
On doit tous tourner au même carburant car les autres m’emboitent le pas à la vitesse de l’éclair.
J’vous avoue avoir commencé par le gland. Au loin, je vois mes nouveaux amis en proie à l’universel dilemme du « mais bordel c’est connu que y’a une couille qu’est toujours plus grosse ! ». Toute épanouie de ne pas me farcir un cours de biologie qui pourrait facilement déraper en « regarde, j’te montre », je continue mon œuvre géante à quatre pattes.
J’ai l’impression que l’herbe me cause, tout en ayant encore un chouilla conscience que c’est pas possible, hein. Elle me dit que même Bigard n’a jamais eu autant de génie humoristique und artistique. Faut dire que j’ai le doigté incroyablement précis. En pensant que j’aurai p’têtre ben pu dessiner une vulvinette, je repense soudain à ma lesbos d’amante qui doit me pleurer en son château. Aucune idée de l’heure car mon portable est soudainement trop high tech. Revenir en enfance quelques heures certes, mais si c’est pour devoir utiliser le Minitel, c’est que j’suis pas sorti de la verge.
Luc se rematérialise devant moi, tout de beauté juvénile vêtu, la lèvre souriante, un brin luisante, et là ça fait WARNING WARNING WARNING, j’ai la chatte qui pulse du David Guetta, Irina est loin, je suis en Suisse, terrain neutre de tout jugement comme chacun le sait, et je me laisse allée à sa bouche experte.
Damn, j’ai omis les marmottes !