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7/ Donc je fus hétéro

20 mars 2012
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Donc, moi c’est Julia. Je fus hétéro. Je rencontra Irina, belle donzelle de son statut. Je vira goudou. Je kiffa. Suite à une présentation officielle en soirée, je connu Victoire, bombasse, meilleure potesse d’Irina, ignarde.

Enfin ignarde, connasse oui ! Point le genre, je suis un être de lumière qui ne mérite pas le regard du peuple, plutôt j’ai trop regardé le Bigdil jadis et les conséquences cérébrales en sont irréversibles.

Suite à un plan probablement concocté par les Forces du Mal, Victoire gagna un séjour Relais Château pour trois. Soit. Victoire me convia. Et c’est là que tout un chacun se demandera la cosa suivante : la forêt Suisse est-elle assez vaste pour zigouiller quelqu’un sans qu’un quidam me trahisse ?

Nous partîmes 500. Enfin avec 500 fringues à nous trois car qui dit Relais Château, dit gros lâchage sur le look de Relais Châtelaine. Limite je fais suivre l’arbalète pour chasser quelques faucons avec ma cour et mes bassets mais Léo, meilleur ami de son actif, préfère que je lui ramène une marmotte. Allez savoir pourquoi, il éprouve une haine féroce envers la bête. Il me file des Bison 500, pour terrasser l’animal à même le terrier.

Je me gausse d’avance.

J’ai passé le trajet à me planquer derrière les valises pour ne pas qu’on m’associe à Victoire qui s’amusait à montrer sa culotte à tous les prépubères du train. L’immaturité de la dinde est unlimited.

Toute de jupe crayon vêtue, je me tenais telle la Reine Mère mais Victoire me souleva les guêtres d’une telle force que la jupe céda et les adolescents eurent tout le loisir de mater ma culotte fendue. N’est pas châtelaine cochonne qui veut.

Je n’eus pas la main légère sur le mini bar à notre arrivée. Dumb & Dumber étant parti en goguette, je me suis posté à la fenêtre pour contempler la forêt, son calme, sa volupté… MES JUMELLES !!! Ma parole mais ça baise dans ces bois ! Huhuuu, j’ai en ligne de mire un couple de bears dont le passif ressemble étrangement à un jouli papillon. Ni uno ni dos, j’enfile la robe du hippie, deux tonnes de bracelets et le headband de rigueur. Je vais en forêt so je me fringue telle la nymphe sixties. Let’s The Sun Shine version Julien Clerc dans l’iPod et c’est parti pour une rando nocturne parmi les joies insoupçonnées du monde du sapin.

Quand on ferme les yeux, on dirait que c’est les sapins qui s’en donnent à cul joie. Je me marre. En marchant un peu plus, je croise des couples qui me saluent tel un dimanche matin au marché. Sont d’un détendu ces helvétiques. Et propre avec ça ! Tu crois que y’aurait des montagnes de capotes gluantes en lumignons à tous les buissons ? Point du tout ! C’est un peuple qui gagne à être connu. J’en profite pour prendre quelques photos de gens en plein ébat pour ma p’tite collection. Quand ça va pas, je regarde ces photos et je me dis que la vie c’est cool quand même. Et que je ne suis pas entrain de contracter un herpès. Good point.

Un homme tout en feuille me salue. Je ne sais que dégoiser, je ne voudrais pas qu’il se méprenne sur les raisons de ma présence ici. D’ailleurs, pourquoi je suis venue ? Because t’es bourrée ma caille, un point that’s all.

Après quelques échanges tout à fait communs pour une backroom livrée aux quatre vents, Luc m’invite à filer à travers arbres pour rejoindre une soirée organisée non loin. J’avise mon portable, au cas où Irina se serait manifestée mais non, so j’abdiqua. Deux champis plus tard, on débouchait sur une vaste prairie garnie d’une petite rivière avec campement, feu de joie, beaux garçons, très belles filles, guitare et des voitures pleines d’alcool. C’eût été ballot de gâcher. De acuerdo ?

Je me présente, et au bout de cinq minutes de « Nooooo woman no cryyyy », je sens mon cerveau descendre et mes muscles se détendre. Pas désagréable la sensation. Je commence à buguer sévère sur un type aux dents hollywoodiennes, jusqu’à ce que je commencer à rigoler. J’ai totalement conscience que la soirée est sympa mais pas hilarante. Et moi je me marre, parce que, non parce qu’il faut trop que je vous dise, hahaha, en fait, ses dents, avec, hahaha, vous voyez ?! HAHAHAHA ! ON DIRAIT UN HÉRISSON MOUHAHAHAHAHAHAHAHAH, que j’hurle telle la dernière des abruties.

Rassurez-vous, je m’entends dire ça, je sais que c’est moi, que ce n’est pas drôle en soi, mais siiiiiiii ça l’est !

Me vient l’idée de couper l’herbe du pré en forme de phallus. Style Signes version hot. Je dégote un ciseau et me met au travail, tout en continuant de m’esclaffer que c’est la blague la plus drôle du monde.

On doit tous tourner au même carburant car les autres m’emboitent le pas à la vitesse de l’éclair.

J’vous avoue avoir commencé par le gland. Au loin, je vois mes nouveaux amis en proie à l’universel dilemme du « mais bordel c’est connu que y’a une couille qu’est toujours plus grosse ! ». Toute épanouie de ne pas me farcir un cours de biologie qui pourrait facilement déraper en « regarde, j’te montre », je continue mon œuvre géante à quatre pattes.

J’ai l’impression que l’herbe me cause, tout en ayant encore un chouilla conscience que c’est pas possible, hein. Elle me dit que même Bigard n’a jamais eu autant de génie humoristique und artistique. Faut dire que j’ai le doigté incroyablement précis. En pensant que j’aurai p’têtre ben pu dessiner une vulvinette, je repense soudain à ma lesbos d’amante qui doit me pleurer en son château. Aucune idée de l’heure car mon portable est soudainement trop high tech. Revenir en enfance quelques heures certes, mais si c’est pour devoir utiliser le Minitel, c’est que j’suis pas sorti de la verge.

Luc se rematérialise devant moi, tout de beauté juvénile vêtu, la lèvre souriante, un brin luisante, et là ça fait WARNING WARNING WARNING, j’ai la chatte qui pulse du David Guetta, Irina est loin, je suis en Suisse, terrain neutre de tout jugement comme chacun le sait, et je me laisse allée à sa bouche experte.

Damn, j’ai omis les marmottes !

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6 / Le revers de la médaille

9 août 2010
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Je cours partout dans l’appart dans ma guêpière en beuglant à qui veut l’ouïr que je suis la reine des abeilles. Dans ma tête, là, je suis persuadée que tout ce que je touche se transforme en miel.

J’suis complètement high, en fait.

Mais ne me jetez pas le regard accusateur aussi vite, j’ai une raison tout à fait probante et grandement compréhensible pour le commun des mortels. Vous, quoi. Parce que moi j’suis une abeille.

Depuis qu’Irina est venue chez moi, j’ai pas retouché terre. Y’a pas à chier, ça valait le coup. Rien que pour le fait qu’elle sait dessoutifer à distance.

C’était Hollywood, New-York by night, Shibuya à Tokyo, du grand, du sensuel, de l’électrique.

Bémol : à un moment c’était juste un peu trop Las Vegas quand elle a absolument tenu à me lécher les pieds. C’est que moi, voyez-vous, j’aime pas trop. Enfin les miens sont cools hein, bien placés tout ci tout ça. Mais justement, je me dis que si on les a mis si loin du reste, c’est qu’il y a une raison. Bref, j’ai mis ça sur le compte d’un rite obscur, style je te lave de tes péchés, s’ouvre à toi un royaume à base de plaisirs entre donzelles.

Quatre jours plus tard, on est vendredi soir. Ce qui signifie : party at Irina & Colocs. Impossible de quitter ma parure pour cause de nouveau statut d’apicultrice. J’enfile tout de même le blazer-noir-qui-fait-comme-si-j’étais-habillée-tout-à-fait-normalement. Mais telle la sournoise, je me saisis d’une bombe à cheveux couleur blond, rôde vers la salle de bain, et bombe Léo par surprise.

Mouhaha, il n’a plus le temps de protester, et obtempère à se faire blondir intégralement la toison. Maintenant j’ai l’impression d’être la femme la plus équilibrée du monde, à côté.

Et en avant guingamp !

Arrivés en zone fêtarde.

Ding Dong Ding Dong, je fais.

Monte, monte, on me répond.

Accueil hystéro, explosion d’embrassades sur les deux joues, ça me hèle par mon prénom alors que j’en connais pas un. Je me mixe à l’ambiance, et m’auto-hèle pour être raccord. J’ai pas fait la boutade du siècle mais l’assemblée s’esclaffe quant à mon génie humoristique.

L’assemblée est bourrée je crois.

J’en conclue que si Irina a alerté tous ses amis, c’est parce que nous sommes ensemble-ensemble ! Je sens la liesse m’envahir. Exit le questionnement sur l’attitude à adopter en collectivité. Exit les comparaisons entre calendrier phallique et vaginal. Exit le sentiment d’être nullarde.

ET WELCOME A LA DANSE COMMÉMORATIVE!

Je me lance sur le dance-floor en compagnie de MA COPINE. Ouais les mecs !

Après avoir tout donné, Irina me présente sa meilleure amie. Amie qui se trouve être la bombe avec qui elle était l’autre jour à La Tondeuse.

Je suis méga impressionnée et dans mes petits souliers.

Oui, je chausse du 42, c’est pas le propos.

Elle est splendide avec de longs cheveux encadrant un visage aux traits fins.

Je m’approche, timide, et la salue les yeux rivés au sol :

« - Moi, c’est Julia.

- Mais, ça sent pas la cerise ?! hurle-t-elle le nez en l’air.

Bon, elle ne m’a peut-être pas entendu…

- HEY SALUT ! me mitraille-t-elle. Moi c’est Victoire ! Tu l’emballes à mort l’Irina, vu tout ce qu’elle me raconte sur toi. Dis, t’as remarqué comment ces seins ils sont énormes alors qu’on dirait qu’ils sont tout petits ?!

Je m’inquiète. J’ai peur des personnes qui ne respectent pas un minimum la logique des premières rencontres. On dit d’abord salut avant de se peloter le cul, par exemple.

- J’crois que mon stringe il est trop petit, si je m’asseois, j’vais m’scier.

J’ai beau patiner pour gagner ma vie, il y a des choses que je décèle. Et il me semble pouvoir officiellement déclarer que Victoire est une
 tanche.

J’aimerais en débattre avec Léo mais Irina me saisit au vol en s’exclamant de la sorte :

- Elle est pas trop forte ma Vivi ? chopant la sus-nommée par l’épaule telle la collègue motarde.

- Ouais, je réponds en m’évaporant.

J’essaie d’esquiver la Vivi toute la soirée.

Problème : je ne sais pas si c’est mon shampoing à la cerise ou quoi, mais elle m’agglutine. Sans dec, on dirait un drone.

Elle ponctue toutes mes fins de phrases par « Pourquoi ? », pour situer. C’est le truc le plus horripilant du monde. Et elle en rajoute une couche en me posant trois cent questions à la minute.

- Mais c’est dingue, t’étais avec des hommes avant ? questionne-t-elle.

- Bel et bien.

- En tout cas, toi, on peut vraiment dire que tu illustres l’expression « passer du coca light » ! me sort-elle en ajoutant des guillemets manuels.

- Hein ? je maugrée, parce que j’ai même plus le courage d’enrober.

- Ben, c’est pas pareil, les hommes… Et les femmes.

Je pense à déférer le staff du Prix Nobel.

- C’est ça qu’on dit, t’es pas au courant ? reprend-elle

- Je crois que tu te fourvoies. L’expression, c’est « passer du coq à l’âne ». Qu’on dit.

- Maaaaais non ! Ca veut rien dire ça. Je vais te le prouver ! »

Elle me quitte en hurlant à Irina qu’elle va se servir d’Internet pour « faire la lumière sur ce dilemme ».

Je la laisse s’ébrouer sur la toile et en profite pour m’éclipser loin, très loin. Sur le balcon.

Avec un verre et Benoît le gentil coloc d’Irina, une discussion moins lunaire s’entame. Bon, on cause pas métaphysique, mais y’a un level de plus.
 Trois minutes d’extase passent.

Et du fin fond de l’appart, s’élève une voix démoniaque.

Belzébutha :

- Hiiiiiiiiiiii ! J’ai un mail qui dit que j’ai gagné un relais château pour trois le week-end prochaiiin ! Julia, Nana, faîtes vos valiiiises !!

 ».

Léo m’indique au passage que Victoire lui fond le caleçon.

Le monde vire taré.

Je retourne à mes abeilles.

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5 / Une fois, deux fois, trois fois… Adjugée!

1 août 2010
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Chez moi. Rod Stewart à fond. En préparation.

Douche, hydratation, lissage capillaire, il me faut maintenant choisir la fringue idoine au rende’v d’Irina.

Pas une mince affaire, le bordel, quand on n’est pas abonnée à GoudouMag. Que porte la lesbienne lambda par quarante degrés ? Dois-je louer une moto ? Dois-je arborer le baggy crado ? Où puis-je joindre la prêtresse du savoir, Amélie Mauresmo ?

Hmmm, micro-jupe, t-shirt ample. Souliers à talon et capeline.

J’avoisine les deux mètres mais je le déclare, la chaussure plate c’est le cancer de panard.

18.00 : Direction Hôtel de Ville à dos de Vélib’, capeline scotchée au faciès pour éviter toute obstruction visuelle aux automobilistes de Rivoli.

18.15 : Arrivée, essoufflée tel l’âne. Je stresse et grignote mes ongles. J’appelle Léo.

« - Je grignote mes ongles.

- Mais que fait la police ?

- J’ai peuuur. Irina va arriver d’un instant à l’autre et je sais toujours pas si j’suis lesbienne. Toi qui a fait psycho, t’aurais pas un test tout prêt pour ça ?

- Attends, bien sûr que si ! Alors, tu lèves ta jambe droite. Tu passes ton bras droit sous ton genou. Et tu fais toucher ton nez et ton pouce.

- Hmmmf !

- T’y es ?

- Hmmmfouuui

- Et maintenant tu vas répéter après moi, ok ?

- Hmmmffff !

- Je sais pas si t’es lesbienne mais pour être aussi conne, t’es forcément amoureuse.

Et il raccroche, le fourbe.

Le temps que je calcule que je suis entrain de me ridiculiser en public, au moins dix cars d’allemands en chaussettes saillantes m’ont photographié. Peuple sans pitié !

Je recouvre l’équilibre une demi-seconde avant l’arrivée d’Irina. Elle paraît toute menue dans une adorable petite robe noire lui arrivant aux genoux, ses cheveux courts la rendant à la fois mutine et fatale. A côté, j’ai l’air d’une asperge sous OGM.

Elle entame une conversation à laquelle mon cerveau n’a manifestement pas envie de participer vu que je produis du haha et du hihi en masse.

On marche en direction des quais avec la ferme intention de se moquer des adeptes de Paris Plage. La plèbe n’a pas le moindre complexe. Ça se compare la cellulite mi cuite sans retenue au plus grand kiff de Pervers 1. Je ne suis pas pour le déballage de viande, mais quiconque a le droit, selon moi, à se faire dorer la raie sans se soucier des gens douteux. Irina, pas chiante, trouve la solution. Elle balance Pervers 1 à l’eau. Sous les applaudissements des enfants, nous fuyons pour défendre la veuve et l’orphelin dans des contrées plus éloignées, jusqu’à ce que mon téléphone sonne.

Rectification: mon téléphone joue la cucaracha.

Parce que j’avais trouvé ça très Ugly Betty. Et follement avant-gardiste. Alors que maintenant je suis forcée de prétexter des origines mexicaines et d’être atteinte de la nostalgie de la fajita. Syndrome méconnu et pourtant très répandu dans la communauté sud-américaine immigrée qui…

MAIS TA GUEULE CERVEAU !!

Dois-je en passer par la vérité ? Amélie Mauresmo que fais-tu quand l’être humain est dans le besoin ?

Je livre une explication pour vous qui êtes dans ma tête : la cucaracha est la sonnerie code rouge qui me rappelle que j’ai une enchère eBay sur le fire. Attendez, j’attends pas le DVD remasterisé de La Grande Vadrouille hein. Non, là c’est dramatique, apocalyptique, euphorique : une guêpière neuve by Chantal Thomass. Ne vous frisez pas le melon, c’est du made in 2007, mais peu me chaut de me foutre de la fringue vieillissante sur le croupion. Bien sûr, vous êtes d’accord pour me dire de faire fi des bien matériels et de vivre IRL. Mais j’entends cette lingerie me susurrer des choses et des machins qui flirtent avec le divin. Si j’avoue à Irina qu’elle m’immole l’intérieur,  mais que j’ai besoin de cette guêpière pour être femme, ne va-t-elle pas me sortir un truc subtil du genre : « Tu me fais de la peine, dégages ton cul où je te mets en Seine » ?

Tentative d’amener la chose dans la conversation.

On est chez moi et on tourne à la vodka.

Durant le footing pour rejoindre l’habitat, Irina m’a avoué qu’elle était la reine des enchères, que rien ne l’excitait autant, qu’elle savait qu’elle était addict, mais qu’elle se soignerait plus tard.
 À elle aussi, les objets lui disent des trucs. Je sais bien qu’on frôle la psychose, mais si les objets nous disent des trucs gentillets, c’est pas grave grave, si ?

En quelques clics, elle me fit découvrir deux tonnes d’autres sites dont un qui renfermait une merveille encore plus inattendue : la collection complète de Françoise Simpère, écrivain de génie, parlant de sexe d’une manière si hot que ma culotte nécessite l’essorage à chaque page.

« 
- Attention ma poule, on se lance pour cinq-cent cinquante euros si quelqu’un enchérit de nouveau. Tu es d’accord ?
 me demande-t-elle avec des yeux de droguée et un sourire angélique.

- Je te suis !
 »

5, 4, 3… Elle enchérit une nouvelle fois. 
2, 1…

« Vous avez remporté l’objet ».

J’ai « Believe » de Cher dans la tête. Je vois des anges tournoyer autour du Mac. Dans un demi-coma, je sens Irina se jeter à mon cou et m’embrasser goulûment.

Puisque Dieu existe, je le prie de me faire trépasser si, là, maintenant, de suite, je ne suis pas la fille la plus pétée de chance au monde.

Même pas morte.

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4 / Un doigt vaut mieux que deux tu l’auras

27 juillet 2010
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« Irinana, Irinana, Irina Split ! Wouh ! »

Nul être vivant est en droit de se foutre de la gueule de mon remix. Il serait estampillé conforme par Lio, j’en suis certaine.

Et si j’ai la ritournelle enjouée en tête, c’est parce que j’ai du programme heavy pour vendredi. Blond m’a invité à une soirée chez lui. Et si tout le monde suit bien, chez Blond est synonyme de chez Irina. Et Brun a ajouté, avec un regard digne de la pute hongroise sous crack : « et crois moi, c’est l’appart de toutes les débauches ».

Est-ce à dire que j’ai une face de fille à cuisse légère ? Je n’en sais rien. Mais l’heure n’est pas au débat : je dois honorer le boulot de ma lumineuse présence. Ah ben si promis, je scintille un max rapport au fait qu’en dansant matinalement sur du Kelis, j’ai pulvérisé mon pot à paillettes. Résultat je ressemble à la Tour Eiffel, by night, à heure fixe. Sans le côté japonais en pamoison.

« - FIIIIIIIRE !!! 
Hurlé-je dans le couloir, chaussée de mes rollers.

J’adore mon boulot. Je dois faire passer les messages, à la vitesse du guépard, dans toute la boîte. Pourquoi ne pas utiliser le fax, l’ordi, BBM, ou autres signaux de fumée pour communiquer ? Parce que mon boss looks like un leprechaun, et qu’on discute pas les désirs d’un être de la forêt. Ainsi est-il.

Avantages :

- On m’appelle Facebook tellement je connais tout sur tout le monde, qui, pourquoi, comment, dans qui.

- J’ai beau avoir la gueule d’une boule à facette, on continue de me prendre au sérieux.

Inconvénient :

- Gégé

Gégé est la personne la moins rock’n’roll du monde. Elle demande la permission avant de bailler, pour vous situer. Sa vie tourne autour de la comptabilité et de son « chérichou », qui a, au passage, omis de la pénétrer depuis un an. Gégé, elle est gentille, mais elle évoque des sujets tellement similaires que même sous GHB t’en gardes souvenance.

J’arrive à la compta les bras chargés de dossiers tel le trente-cinq tonnes en mini-short. Ambiance dans le secteur, j’ai vu une mouche qui tentait de mettre les voiles par peur de faire trop de bruit.

Pour dynamiter tout ça, j’entame alors le fameux chant des travailleurs, qui n’est autre que celui de Miley Cyrus.

« Noddin’ my head like yeaaah, moving my hips like yeaaaah ! »

Au détour d’un moonwalk festif, je passe et repasse devant Gégé qui a du mal à capter que j’ai envie d’entrer en communication. Bordel ça sert à quoi de virer lesboob si c’est pour pas le gueuler à la première collègue ? Je l’appâte au Kinder Bueno, je feins le malaise, mais rien n’y fait, ce monstre d’égocentrisme s’évertue à m’ignorer.

Je suis sur le point de lui demander des nouvelles de Chérichou quand elle ose me sortir ceci :

-       Julia, je voulais te… Parler d’un… Truc.

-       Et peut-être que moi, je n’ai pas le temps de t’écouter, maudite ! Je lui réponds.

-       Julia, c’est important…

C’est plus fort que moi, on sait jamais si j’avais droit au potin du siècle.

-       Je t’écoute entièrement.

-       Ok, mais tu promets de…

-       Ne rien raconter, ne rien divulguer, ne rien Facebooker, bref je me tiens coite.

-       Ok, donc en fait… Tu sais avec chérichou, on a ce petit problème de… D’entente.

-       Ah t’appelles ça comme ça toi ?

-       Cesses de me couper !

-       …

-       Qu’est-ce que tu fais ?

-       Ben j’te coupe pas.

-       Ah oui, très bien. Donc bref, j’étais avec…

Je ne vous la refais pas, vous avez saisi le topo.

J’avais fait la liste des courses, ce que j’aimerais faire si j’avais trois cent millions d’euros, et avais peut-être trouver un moyen d’éliminer la faim dans le monde quand la conversation devint intéressante. Il n’était déjà plus question de couple, d’âme en peine et de bite molle. Plus elle me dévoilait son intrigue, plus elle se faisait discrète, ce qui poussait la décibel à environ moins vingt. Je me vissais la tête à son oreille pour écouter une suite qui allait me laisser sur le cul. Son monologue se chargeait de nuances équivoques, et j’imaginais alors les lèvres de Gégé articuler au ralenti des mots qu’elle n’avait jamais osé prononcer. Dans un geste de pucelle, je portais une main à ma bouche bée.

Gégé s’est fait mettre un DOIGT par une FILLE dans un BAR glauque de Montmartre.

Déflagrations, trompettes funestes, et Larusso se jouent dans mon cerveau.

Je lui aurai collé ma main dans la gueule à soeurthérèse.com. Un an qu’elle m’inonde de frigidité, et le jour où ma vie se transcende, elle me devance.

Pute !

La sonnerie de mon téléphone me sauve et je m’éloigne en meuglant un « allôôô » dépressif.

« - Heu salut, c’est Irina… Je te dérange peut-être…

Je crois que j’ai eu une descente d’organe.

-       Non, non, non, pas du tout. Je… Heu… Papotais avec une collègue. De tout de rien, de trucs de filles hahaha, heuu, enfin tu vois…

-       Heu oui… Je crois. En fait, c’est mon coloc qui m’a donné ton numéro. Il m’a … Hum… Un peu parlé de toi.

-       Ah… Heu… C’est… Gentil de sa part. Il t’a dit quoi, en fait ?

-       Que tu étais atteinte, mais cool. C’est pour ça, je me disais qu’au lieu d’attendre vendredi, on pourrait peut-être se voir demain, non ?

Volte face vers Gégé, et une fois la communication coupée, je lui hurle :

-       Ahah ! Tu peux te rhabiller avec ton doigt ! »

Et je quittais la compta.

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3 / Où sont les feeeeemmes?

23 juillet 2010
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Ouverture des yeux, fait.
 Passage de position horizontale à assise, réussit. 
Mains sur le lit, je me hisse sur mes jambes et… Bluuuuuuuurp.

Sans pousser trop loin, je pense pouvoir avancer l’hypothèse que j’ai bu hier soir.
 Ceci étant fait, confrontons-nous à la réalité via miroir. Tiens, ce n’est pas si dramatique en fait, je fais même plus jeune qu’hier, c’est peut-être dû à… En repensant à ma récente « homosexualité », les souvenirs de la veille refont surface avec leurs lots de déceptions, d’alcoolss, et de Patrick Juvetsss.
 Je retourne me coucher avec la ferme intention d’oublier ma vie en général, lorsque j’aperçois Léo. Etalé de tout son long sur le parquet du salon, il a la main dans le bocal de Top Gun (poisson rouge ainsi baptisé car remporté à la Foire du Trône grâce à mes gènes de tueuse au tir à la carabine). Je sais pas si c’est le fait que Top Gun lui broute l’index, en tout cas le Léo a l’happy face des grands jours. Non, moi je dis juste que ça ressemble à un début de zoophilie mais après tout, il m’arrive encore de me masturber en pensant à la photo de Brahms dans le dico, donc je ne lui jetterai pas la pierre.

Mais merde !! Le doute me chope. J’aurais tout de même pas… Pas avec Léo, pitié ! Certes, ça ne serait pas la première fois. Ouvrez les yeux, on ne peut décemment pas passer des centaines de soirées à fumer la Colombie sans qu’il y ait un minimum de rapprochement corporel. Mais Léo a développé une passion pour les suçons et à l’heure actuelle j’ai la peau without ecchymose, alors que je me souviens très bien qu’après une zizi-party avec lui c’est comme si j’avais fait un paint-ball sans combi.

En passant la porte, il apparaît selon toute logique que j’ai omis un passage de ma nuit. Un être humain squatte mon lit. Mais bien, l’être humain. Toute contente d’avoir eu le génie de ne pas ramener un Bernard Minet, je m’assois au bord du lit pendant que l’homme se réveille. 
Aaah c’est le pied de sentir deux mains fermes et robustes vous enlacer. Attendez, minute. Il y a déjà deux mains qui m’enlacent en fait. Ça fait comme qui dirait surnombre, où je m’y connais moyen en anatomie humaine.

Je fais volte-face et me trouve nez à deux nez tout testostéronés.

J’suis d’un con, sur le coup j’ai cru que j’étais confrontée à un homme à quatre bras.

Mais le fait est qu’il y a mistake sur la commande. Suffirait-il de désirer une nana trois minutes pour que tous les mâles se ruent sur moi ?

Je décide d’étudier de plus près mon tableau de chasse de la veille. Juste pour me dire que je ne suis pas hétéro dans le vide. L’un, divin et ténébreux à la fois, il a cette façon proprement dévastatrice de secouer sa tête pour remettre une mèche blonde. Et ses cils. Je suis sûre que même les angelots doivent être en rut en les regardant de là-haut. Tout ce beau monde reposant tranquillement sur un cou de taureau, alors que tout un chacun connaît très bien la puissance qu’à la bête. Et l’autre, rien que son corps est explicite. Tellement clair que même en braille ça doit transpirer le sexe. Une mâchoire comme un piège à loup et des cheveux en veux-tu y’en a. Tellement sublimes que l’organisation d’un shooting me traverse l’esprit. Et pourquoi pas ? Allez hop clic clac, ça alimentera mon lookbook.

Bon, une petite vidéo n’a jamais tué personne. Cependant ils ont beau être beaux, ça ne se remue pas beaucoup. J’ai du tellement assurer cette nuit qu’ils en restent claqués.

« Allez les mecs, on ondule ! On bloque, on sourit. On secoue ses cheveux si on veut, on s’ébroue, ouais c’est ça ! Allez on donne tout! Whouuhouuuuu vous êtes des panthères ! »

Pile quand je me disais que finalement les mecs, y’a que ça de vrai, j’ai comme un temps d’arrêt. Je me dessoude la tête de l’appareil et tente de raisonner le public.
 « Heu, non les gars. Merci, mais c’est pas un porno que je tourne, prière de ne pas se rouler des pelles ».

Soudain, un second doute m’assaille. A mon avis, rien de sexuel ne s’est produit cette nuit. J’ai simplement du servir de gîte. Pas moi hein, le lit. Confirmation des deux intéressés lorsque je leur demande. Ils trouvent même bon d’ajouter qu’hier celui qui m’a roulé une pelle s’est juste planté de cible dans l’euphorie générale.

Urgente envie de passer de vie à trépas.

« - Tu nous montres les photos s’il te plaît ? » me demandent Sodome et Gomorrhe.
 Je m’exécute de bonne grâce et leur laisse un peu d’intimité en allant dans la cuisine pour relativiser. Top Gun broute et la bouilloire goutte. Je chanterais limite du Jacques Brel mais j’entends des clap clap clap et des youpiyouu dans la chambre.

Je m’approche à pas de louve pour pondérer leurs ébats et Blond m’hurle :

« - T’as Irina en photo !

- Qué Irina ?

- Ben regarde, là ! me disent-ils en me collant l’écran sous le nez.

Ok, j’ai des photos de ma caissière. Ok je les ai prise en mode furtif tel le faucon en quête. Ok, je tente de me justifier sans passer pour la psychopathe fétichiste récidiviste. Ok j’échoue, et leurs balance la vérité crue.

Mais le fait est que Blond me couine la chose suivante :

- C’est ma coloc ! »

J’ai couru au salon et mis du Madonna à fond.
 En guise d’alléluia lesbien.

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2 / To bi or not to bi?

21 juillet 2010
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« - T’y songes pas réellement ? » me demande Léo, ami d’enfance accessoirement stressé du slip. 
Il a tendance à ne pas percuter que j’aurais peut-être bien virer un peu goudou. Enfin virer, on se détend, je suis tombée sous le charme d’un homme qui s’est avéré être une femme. Pas de quoi se luxer les mœurs d’après moi, mais pas pour Môssieur. Maintenant qu’il a femme et enfant c’est comme s’il avait oublié qu’il avait fait des choses douteuses au lycée. Et c’était même pas avec un homme. 
Perso, je pense qu’il faut s’ouvrir à ce que la vie nous propose. Et si elle me dit que je pourrais démissionner après une vingtaine d’années de bons et loyaux services envers les hommes, j’en suis.

Je lui ai donc proposé de m’accompagner dans un bar homo mais il a palpité sévère, sous prétexte que ça s’appelle « La Tondeuse ». Pas très second degré, si vous voulez mon avis. Au bout d’un moment, je lui ai dit que son aversion pour la chose sous-entendait certainement un gros refoulement. Trois minutes vingt sept plus tard, il était ready à affronter le Nouveau Monde. C’est improbable comme il a l’ego qui frise.

J’avais trop le feu aux hormones quand on a pu entrer dans le bar. J’ai fait genre la fille trop à l’aise, habituée des lieux, j’ai même souscrit au comité de soutien du coming out de Fanny Ardant mais Léo, zéro. Déjà qu’il faisait pas très couleur locale avec sa chemise à fleur, il avait le regard planté dans chaque paire de nichons qui passait.

« - T’auras beau fantasmer tout ce que tu peux, tout ce qu’il se passe dans ta tête ne deviendra pas réel, t’en as conscience ? »

Je n’ai pas pu écouter sa réponse. La caissière de Carrefour herself, entrait. 
Accompagnée.

Je ne me comparerais pas à sa copine. Je ne me comparerais pas à sa copine. Je ne me comparerais pas à sa copine...

90-60-85 au bas mot. Vous voyez le genre de fille qui crée des vagues de suicide? Vous voyez le genre de fille qui en plus d’être belle et sympa, est tout de même un peu bitch ? Bon vous voyez Susan Boyle ? Ben l’inverse.

Ça ne fait pas dix minutes que je suis lesbienne et j’en ai déjà marre. Tout le monde autour de moi s’éclate et prend du bon temps. Même Léo glousse telle la débutante. Je ne sais pas ce que lui raconte ce mec mais il a déjà perdu toute crédibilité. Infoutu de se rendre compte que son amie est dans le besoin, j’appelle alors la seule personne qui a toujours su trouver les mots justes dans les coups durs : 
Jack Daniel’s.

Maintenant que j’en suis au quatrième verre, les choses m’apparaissent plus claires : il faut que je danse. Je relève la tête, je croise mon reflet dans le miroir qui me fait vaguement penser à la mère de Sylvester Stallone, et je fonce sur le dance-floor.
 Je me lance dans une approche très personnelle du disco usant de tous les muscles qui fonctionnent encore. J’ai bien conscience que n’importe qui se trouvant dans un périmètre proche pourrait trépasser dans la minute mais je dois me vider l’esprit.

M’apparaît alors très bonne, l’idée de lancer une chenille. Je saisis un être humain par les épaules et le projette à travers toute la salle. Ça marche ! Les gens s’agglutinent derrière nous comme si personne ne se chopait la honte intégrale. Dans l’euphorie générale, je sens à peine qu’on me tapote l’épaule. Je fais volte face, et tandis que la moitié de la boîte part en Macarena, quelqu’un qui, apparemment, a bien capté l’étendue de mon sex-appeal pose ses lèvres sur les miennes.

Reste à savoir qui.

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1 / One Morning In Carrefour

19 juillet 2010
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Samedi matin, Carrefour. Munie de deux articles, j’arrive à la caisse où s’étend au moins l’équivalent d’un convoi exceptionnel de bouffe. Mamies devant, papis derrière, grosse ambiance. Ça grommelle, ça mouche, ça dit que si c’était directeur, il y aurait des caissières par milliers dans des magasins ouverts 24/24h.
 Ça débloque pas mal, en fait. 
Et vas-y que j’essaie de gruger, je fais quasi fumer les roues du caddy. 
C’est pas le Paris-Dakar ici, faut juste laisser le temps au caissier de… Oh My God.

Croyez-le ou non, là, de suite, maintenant, j’ai 2 Hearts de Kylie Minogue dans la tête.
« I’m in looove, houuuuu ! »
Depuis quand Brad Pitt a dit bye-bye à Angelina et tutti family pour venir s’installer et gagner sa vie à Paris ? L’homme est totalement pourvu de sex-appeal alors que, je le rappelle, il est en look caissier. C’est pas à chier mais on a déjà vu plus rock’n’roll. 
D’un geste souple et putain de hot, ses doigts longs et sexy saisissent avec une dextérité déconcertante cette boîte de Polident.
 Si je croise un dentier dans les prochaines minutes, je ne répondrai plus de rien. 
Il reste concentré durant la tâche alors même qu’il discute de la pluie et du beau temps avec la vieille. En entamant une deuxième conversation à base de carte de fidélité, il passe délicatement les achats sous la borne.

Je me sens en totale connexion avec la machine. 
Bip… Il me mordille la lèvre. Bip… Il arrache mon sous-tif avec les dents. Biiip…

Après ce que tout un chacun appellera des préliminaires, il laisse choir les denrées une à une avec cette nonchalance dont seul les pros peuvent se vanter. 
A l’heure actuelle, je donnerais cher pour être une paupiette en promo.

Aie aie aie, c’est bientôt mon tour. Je n’arrive plus à me concentrer. J’ai chaud, je transpire, j’halète, j’ai le stérilet qui fait des étincelles. George Michael, Bercy 1995, la même.
 Je me suis débarrassée de la bouteille de vin blanc dans le caddy de quelqu’un d’autre. Je sais bien que le Nutella n’est pas plus glorieux mais arriver à la caisse sans article n’aurait pas joué en ma faveur. Et puis autant qu’il me prenne pour une goulue que pour une alcoolique.

C’est à moâââ !

Vite, quelque chose pour attirer son attention. Si j’inspire à fond p’têtre que mon chemisier va craquer, genre Sophie Marceau à Cannes. J’ai bien conscience que j’ai l’air d’une démente mais au moins il me regarde. De travers.
 C’est pas l’autel, mais on avance.
 La dame derrière moi n’a pas l’air de comprendre pourquoi je mets si longtemps à faire l’appoint. Ça se voit qu’elle est ménopausée depuis des siècles.
 Je me résigne et trouve de quoi payer en me maudissant de ne pas avoir pu élaborer un stratagème tangible pour emballer SexMan dans mon sac biodégradable. Je jure que ma prochaine expédition sera plus concluante.

En me voyant partir, la dame de derrière pousse un soupir à s’en flinguer une bronche. On repassera sur la solidarité féminine.

« Bonjour Mademoiselle », dit-elle en s’adressant au caissier.

Hein ?

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Le porno c’est rigolo

19 juillet 2010
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Il n’y a pas longtemps, s’est tenu le festival du porno à Paris comme on a pu le lire sur Yagg. Et j’aurai voulu y assister mais le trailer m’a un brin fait peur. C’était peu classe, et un petit peu trop hardos pour ma rétine.

Pourtant le porno is cool. Grâce à je ne sais plus trop quelle vidéo où un jeune homme festoyait sur fond sonore, j’ai pu découvrir le groupe Robots In Disguise, deux anglaises mêlant l’électro-pop à leur univers bien perché.

Robots In Disguise - Turn It Up

Le porno is super cool

Et depuis quelques années, j’ai envie d’écrire une comédie musicale sur le monde du porno. Posons les bases, des images de sodomies et autres joies seront exclues. Je pense qu’il serait franchement fendart d’écrire un court scénario empruntant les codes clichés de la comédie musicale et ceux du porno.

La culture pop utilisant trèèès souvent des images plutôt salaces (Lady GaGa, Britney, Madonna… Pour ne citer que ça), je souhaiterais à l’inverse introduire la culture pop dans ce porno musical. Des vrais vêtements fashion remplaceront le bleu de travail ou le total look infirmière moite. Le choix des musiques sera aussi primordial, et parce que c’est quand même une comédie musicale, et parce que la musique est un fait presqu’intraité dans le porno.

On m’a souvent répliqué : « Et t’as déjà essayer de pousser la chansonnette durant une gorge profonde toi ? » et je réponds non. Sous peine de décès immédiat. Mais je m’en fout, je réitère mais je ne veux de toute façon pas faire un vrai film X.

Alors voici le synopsis de ce que cela pourrait donner si jamais je conclue l’affaire.

Anna : jeune femme naïve souhaitant se lancer dans le porno, faute de but réel

Thomas : jeune mannequin gauche se laissant entrainer dans le porno par un manager peu recommandable

V.V : productrice impitoyable de film porno. Sèche et presque méchante, elle sait en fait donner les meilleurs conseils

Anna devra apprendre les rudiments de base pour percer dans ce milieu moins glauque qu’on ne le pense, et se battre contre les préjugés. Grâce à son mentor V.V, elle se fera un nom et tombera forcément amoureuse de Thomas.

Une histoire simple, dans un monde décalé.

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